Violence conjugale

L’étude de l’Organisation mondiale de la Santé sur la violence domestique contre les femmes souligne la nécessité d’une action immédiate.1 L’étude dans 10 pays a utilisé des méthodes culturellement appropriées pour évaluer l’étendue et les effets sur la santé de la violence conjugale et de la violence non liée au partenaire chez 24% des femmes. La prévalence de la violence conjugale physique ou sexuelle (ou les deux) chez les femmes ayant déjà eu un partenaire variait de 15% à 71% (29-62% dans la plupart des sites), bien que la prévalence varie considérablement d’un pays à l’autre (grandes villes par rapport aux zones moins peuplées). Nous en savons plus sur l’épidémiologie de ce type de violence que sur la façon de l’identifier, de la prévenir et de la réduire. Cependant, des recherches récentes ont fait de grands progrès, notamment l’identification de méthodes optimales pour une évaluation plus poussée du dépistage des cas dans les services d’urgence, les pratiques de médecine familiale et les cliniques de santé pour les femmes2; examiner l’acceptation du dépistage par les femmes2 3; identifier des interventions efficaces4; D’autres recherches sont encore nécessaires, en particulier pour évaluer les interventions6 et évaluer si le dépistage universel est efficace7. Nous pouvons apprendre beaucoup de la méthodologie de l’OMS et des méthodes de collecte de données, qui reposent, entre autres choses , sur les partenariats avec les organisations de femmes et avec d’autres parties prenantes clés dans chaque pays. Sur les 15 recommandations du rapport de l’OMS, deux concernent le renforcement de la réponse du secteur de la santé (encadré 1) et adoptent une perspective clinique et publique, comme d’autres l’ont fait.8 Les recommandations définissent la compétence des médecins dans les relations intimes violence conjugale. Si les compétences identifiées reflètent les besoins des patients et, dans la mesure du possible, les besoins plus larges de la société, nous sommes un petit pas en avant vers la mise en œuvre de ces deux recommandations de l’OMS.Encadré 1 Recommandations de l’étude de l’OMS1 visant à renforcer la réponse du secteur de la santéDévelopper une réponse globale du secteur de la santé aux effets de la violence contre les femmesRechercher les rôles des professionnels de la santé dans la prévention de la violence et dans la prestation de services aux femmes d’autres secteurs qui s’occupent des femmes violentées (par exemple, en créant des processus et des protocoles de référence formels) Intégrer des réponses appropriées non-stigmatisantes, non-blâmantes, respectueuses, sécurisées et confidentielles à: Tous les aspects des soins (tels que les urgences Sensibilisation et formation des professionnels de la santéUtiliser les services de santé en matière de reproduction comme points d’entrée pour identifier et soutenir les femmes dans des relations abusives, et pour fournir des services de référence ou de soutien. Sensibiliser et former les prestataires de services de santé reproductive pour reconnaître et répondre ap utiliser des systèmes de référence (si ces systèmes ne sont pas disponibles, fournir des informations sur les options juridiques et de conseil), assurer la confidentialité et faire de la sécurité des femmes une priorité.Ajouter une composante anti-violence aux services prénataux, aux cours de parentage Le cadre CanMEDS (Directives canadiennes pour l’éducation médicale des spécialistes) sur la compétence des médecins, élaboré par le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, est actuellement utilisé dans plusieurs pays9. Il est destiné à être utilisé par des éducateurs, des enseignants, des stagiaires, des médecins praticiens, des chercheurs et d’autres professionnels de la santé (par exemple, pour comprendre comment les médecins travaillent en équipe). Bien que CanMEDS ne soit pas entièrement transférable entre les spécialités et les juridictions ou valide pour les non-spécialistes, il est utile de considérer ce qui constitue la compétence en cas de violence conjugale. Le CANMEDS reconnaît sept rôles (chevauchants) pour les médecins. ), communicateur, collaborateur, défenseur de la santé, gestionnaire, érudit et professionnel (encadré 2). Chaque rôle a ses propres éléments et ses principales compétences habilitantes qui ont été décrites en détail ailleurs.9 L’encadré 3 donne des exemples de la façon dont les rôles CanMEDS peuvent aider les médecins à exercer efficacement leur profession lorsqu’ils traitent de la violence conjugale. Encadré 2 Définitions CanMEDS des rôles des médecins. Expert médical (le rôle central) En tant qu’experts médicaux, les médecins intègrent tous les rôles CanMEDS, appliquent les connaissances médicales, les compétences cliniques et les attitudes professionnelles dans la prestation de soins centrés sur le patient. CommunicatorAs Communicateurs, médecins facilitent efficacement la relation médecin-patient et les échanges dynamiques qui se déroulent avant, pendant et après la rencontre médicaleCollaborateurCollaborateurs, les médecins travaillent efficacement au sein d’une équipe soignante pour obtenir des soins optimaux. Les médecins sont des acteurs à part entière des organisations de santé. Les défenseurs de la santé, les médecins utilisent leur expertise et leur influence de manière responsable pour promouvoir la santé et le bien-être des patients, des communautés et des PopulationScholarAs Scholars, les médecins démontrent un engagement permanent à l’apprentissage réflexif, ainsi que la création, la diffusion, l’application et la traduction des connaissances médicales Professionnels, les médecins s’engagent pour la santé et le bien-être des individus et de la société par une pratique éthique. Les recommandations de l’OMS, 1 avec des exemples de rôles CanMEDS9 dans le traitement de la violence conjugale Intégrer des réponses appropriées à la violence contre les femmes dans tous les aspects des soins cliniques Expert médical Appliquer les meilleures pratiques pour identifier, intervenir , et référer les cas de violence conjugaleProfessionnel Offrir des soins éthiques, humains et compatissants, en reconnaissant que des accusations peuvent être portées, ce qui peut causer des effets secondaires négatifs. Reconnaître les limites de l’expertise (et demander une consultation si nécessaire) Communicateur Faciliter la communication thérapeutique centrée sur le patient, y compris une écoute empathique active pour établir la confiance. Travaillez thérapeutiquement avec les victimes de la violence conjugale et partagez la prise de décisionManager Participer aux systèmes de santé pour la prise de décision collaborative et l’amélioration de la qualité.Les victimes de la violence conjugale ont besoin de services de santé; Identifier et appliquer des preuves basées sur des preuves de dépistage de la violence conjugale et des interventions, identifier les lacunes de connaissance ou de pratique et modéliser ces compétences pour les autresAdresser pour la prévention et pour les servicesSanté avocat et expert médical expertise médicale et influence pour améliorer la santé globale des patients et des populations. Identifier et appliquer les déterminants de la santé (sociaux, culturels, économiques) et les stratégies pour promouvoir la santé et prévenir les maladies. Les médecins doivent savoir comment aider les victimes de violence conjugale à naviguer dans les systèmes locaux et à obtenir des ressources appropriéesTravailler avec d’autres professionnels de la santé et d’autres secteursCollaborateurTravailler de manière efficace et appropriée dans les secteurs de la santé et non de la santé formation des professionnels de la santéScholar Informer les patients et les autres fournisseurs de la violence conjugale; s’engager dans l’apprentissage tout au long de la vie grâce à l’évaluation critique de la preuve et de la pratique fondée sur les preuvesProfessionnel servir comme un modèle; s’engager à traiter adéquatement la violence entre partenaires intimes Bien que CanMEDS ait été utilisé ici à des fins d’illustration, d’autres cadres de compétences pourraient également être utilisés. Le concept de la compétence des médecins en développement dans la violence conjugale n’est pas nouveau10. Pour être utiles, ces cadres doivent partager l’accent CanMEDS sur ce qui distingue les médecins des autres professionnels de la santé (expert médical) et sur les compétences qui dépassent les connaissances techniques des médecins. Un débat ouvert sur ce qui constitue de telles compétences est nécessaire pour développer une perspective internationale et guider les programmes de formation et la formation médicale continue. Nous devons apprendre des leaders en éducation au sujet de leurs expériences et de leurs évaluations de la formation sur la violence conjugale en utilisant des objectifs d’apprentissage correspondant aux compétences. Nous devons également trouver des moyens efficaces de faire face à la résistance qui pourrait découler de l’ajout de ce programme aux programmes d’études des facultés de médecine12. Nous devons reconnaître la différence entre un médecin sachant et être capable d’exercer une compétence13 et la mettre en pratique. Une fois que nous avons un consensus international sur ce qui constitue une telle compétence, la prochaine étape consiste à l’évaluer dans la pratique et, finalement, à l’utiliser pour établir des normes et mesurer la performance.Finalement, nous devons reconnaître les efforts pour identifier les compétences des médecins. La violence entre partenaires intimes doit être considérée parallèlement à la recherche, car de nombreux aspects des soins aux patients ne sont toujours pas disponibles (par exemple, le dépistage universel par rapport aux méthodes diagnostiques de dépistage des cas7). Tout cela ne peut être réalisé que si les médecins et la société reconnaissent l’épidémie de violence conjugale, la reconnaissent comme un problème mondial de santé et de droits humains et consacrent des ressources pour y faire face.